October 18, 2011 par Amandine Brugière
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Durant 4 mois, des personnes âgées du canton de Mortain dans la Manche, des élus, des agents de développement, des acteurs professionnels, des acteurs associatifs, soit des personnes de tout âge et de tout profil, ont travaillé ensemble pour concevoir des services sur-mesure augmentant les mobilités des seniors. Nous vous en livrons ici les résultats.

Les ateliers de co-conception menés à Mortain de mai à septembre 2011 s’inscrivent dans la continuité du programme FING Plus longue la vie, l’innovation par et pour tous les âges : particulièrement d’un groupe de travail inter-territorial co-animé avec Edith Heurgon sur le thème « Innover pour bien vieillir dans les territoires ».
Grâce à des soutiens d’Etat (PREDIT recherche GO n°3, puis de la DDTM de la Manche), il a été possible de mener une démarche d’envergure
Aborder les problématiques du vieillissement sous l’angle des mobilités et des TIC est une approche peu commune. Cela oblige à renouveler :
Accompagner le processus de vieillissement des populations en faisant jouer les capacités de mobilités et d’usages des TIC, c’est contribuer à favoriser le lien (rester en lien, se sentir faire partie d’une communauté d’individus), les activités (continuer à pratiquer les activités qui tiennent à cœur, qui maintiennent un savoir-faire, qui permettent d’acquérir de nouvelles connaissances), à un rythme choisi. C’est-à-dire tout ce qui participe à ne pas faire du « maintien à domicile » une nouvelle forme d’enfermement et d’exclusion.
A partir des focus groupes de la phase 1 et des entretiens menés, 7 pistes de services ont été extraites et proposées au comité de pilotage.
Chacune traitait de la mobilité, en mettant l’accent sur les activités et leur prolongement par des solutions alternatives en cas de situation de « fatigue », d’arrêt de la conduite, etc. Des accidents de vie pouvant survenir et engendrer des fragilités profondes, il est nécessaire de travailler à l’expression des « désirs » chez les personnes et à l’accompagnement de leur mise en œuvre.
Chacune participait aussi à créer des liens entre les habitants, et à consolider des réseaux de co-veillance : une attention légère mais vigilante à ses voisins, pour éviter l’isolement des personnes âgées en milieu rural.


Ne plus pouvoir faire ses courses, aller à la mer, ou faire quelques visites touristiques en proximité ; être contraint à demeurer chez soi, quand bien même les services à la personne sont présents…, c’est diminuer les occasions de mobilité physique (marche, déplacement), mais aussi cognitive (croiser des dispositifs, des personnes, susciter de la curiosité, s’adapter à l’inconnu) et sociale (croiser des gens connus, inconnus et cette foule de « têtes familières bien qu’étrangères ». Etre privé des petits déplacements du quotidien, c’est diminuer fortement les occasions de contacts et de sentiment d’appartenance à une communauté sociale. Plus que la perte d’autonomie, ce sont l’exclusion et la solitude qui peuvent devenir alors, chez les personnes âgées, des facteurs de développement de pathologies (dépression, maladie invalidante, etc.).
Les offres de transports existantes ne sont malheureusement pas suffisantes pour ces petits déplacements du quotidien :
- les offres publiques diminuent drastiquement sur les territoires ruraux ;
- les offres de transport à la demande ne sont pas toujours connues, ou quand elles le sont, elles sont jugées stigmatisantes et contraignantes ;
- les offres associatives sont réservées aux personnes sans ressources ;
- les offres privées sont trop chères.
Cette piste se fixe pour objectif de favoriser la mobilité des seniors, en rendant possible, simplement, des déplacements liés aux activités quotidiennes (le marché, les courses, le coiffeur…) et de loisirs (pêche, sorties, événements culturels…).
La piste prend appui sur des pratiques de co-voiturage déjà existantes entre les habitants :
- soit de manière informelle (aide entre voisins « Avec ma voisine, nous allons ensemble au marché les mercredi », « Le dimanche, j’emmène mes copines manger des huîtres sur le bord de mer ») ;
- soit par le biais des offres associatives (l’association Solidarité Transport) ou publiques.
- soit par le biais de la plateforme de co-voiturage de la Manche.
Il s’agit véritablement de renforcer l’accès aux activités et de favoriser la sociabilité des personnes en essayant de partager et de démultiplier les possibilités de déplacements.

Le jardinage occupe une place prépondérante dans la vie des retraités en milieu rural. Valoriser et entretenir le jardin de sa maison est une activité qui donne un sentiment de contrôle et de maîtrise de son quotidien : amélioration de l’image du lieu de vie, activité physique, occupation régulière et saisonnière de son temps, résultats valorisants, maîtrise du circuit de l’alimentation…. Mais l’âge avançant, les forces nécessaires pour entretenir les cultures ne sont plus toujours au rendez-vous. Les jardins, laissés à l’abandon, entretiennent le sentiment de “déprise” chez les personnes âgées, et d’inutilité. De la même façon que l’arrêt de la conduite, l’arrêt du jardinage peut être vécu difficilement.
L’abandon des pratiques de jardinage engendre aussi la perte d’un savoir-faire précieux en matière de cultures vivrières (rappelons que 77% des français vivent aujourd’hui en ville), qui aurait besoin d’être capitalisé, sous peine de disparaître. De nombreux urbains ou périurbains aimeraient entretenir un jardin, mais ne disposent ni des connaissances, ni de l’espace nécessaires. L’enjeu est donc de mettre les envies des uns au service des besoins des autres.

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Amandine Brugière
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Amandine Brugière il y a 213 jours