Zones et champs d'ouverture - état, entreprise, individu
Constat banal: de plus en plus de données circulent, s'échangent et sont captées sur internet.
La question de l'open data se pose-t-elle de la même manière à tous les niveaux de la société?
Doit-on réfléchir à des modalités et des degrés de diffusion distincts?
Si la donnée est un matériau riche et illimité, que choisira-t-on de construire, avec quelles perspectives d'avenir?
Rapidement:
# ouverture des données publiques:
open data: nous réclamons que l'administration publique nous donne l'accès à des données qui nous concernent et dont nous, citoyens, finançons le service de collecte, mise en forme etc
> Questions souvent abordées:
- toutes les données brutes? ou faut-il être sélectif; sur la base de quels critères?
- comment gérer l'harmonisation de l'accès aux données d'un territoire à l'autre:
exemple: le territoire A ouvre ses données; service public financé par citoyens-contribuables A. L'entreprise du territoire B utilise les données de A pour créer un service pour les usagers A; qui sont bien contents d'en profiter; mais c'est le territoire B qui profite de l'enrichissement de l'entreprise B via l'impôt > l'argument de Jarmo Eskelinen ne fonctionnerait pas ici… Où l'on retrouve des questions communes d'harmonisation de la fiscalité internationale.
Donc ouvrir mais dans quel cadre/écosystème politico-financier;
- pour qui: pour tous? pour certains… toujours les mêmes?
- par qui: limiter l'accès à des partenaires "privilégiés" en fonction du projet envisagé? faut-il montrer patte blanche, Monsieur Seguin? Qui évalue alors? Une instance neutre à créer? Visant le juste équilibre entre éthique et juridique. Avec des "bonus" de valorisation positive à la clé pour encourager les "bonnes" pratiques
- dans quel but: question de l'utilité, de la redistribution de la valeur……
(etc voir tout ce qui a déjà été dit sur le site)
# ouverture des données des entités économiques privées
(voir discussion débutée récemment: "Jarmo Eskelinen: projet d'open data en Finlande…")
Quelles données: non pas en fonction de quels domaines (cf données publiques) mais quel type de données dans ce cas, à partir de quelles sources: administrations publiques; personnelles via les réseaux sociaux, les outils de géolocalisations; veille technologique etc.
La question d'ouverture de ces données est complexe ne serait-ce alors que du fait de la diversité des sources.
Par ailleurs, on sait que les services de prospective, marketing, etc des entreprises risquent peu de vouloir diffuser le contenu de leurs collectes et analyses, ie le produit de leurs compétences; de même pour les entreprises concernées pour lesquelles leur compétitivité est en jeu.
# ouverture des données individuelles?
Exemple:
Rafi Haladjian a annoncé cette semaine le lancement de la version beta de Sen.Se:
on peut sur cette plateforme se créer son espace personnel de collecte, stockage, organisation, gestion,analyse, valorisation de données fournies par des choses que l'on a décidé de connecter à internet, entre elles… Soit.
Je pourrai alors, dans une démarche d'ouverture comme je suis open mind- et aussi car je pense que mon usage solitaire de cette masse de données accumulées est forcément limité et que celles-ci agrégées à d'autres pourraient devenir un matériau utile - décider de partager ces données, avec mes pairs, une institution scientifique, tous etc
(On s'interroge évidemment au passage sur les dispositifs de sécurisation de ces plateformes, dans la mesure où des algorithmes prédictifs puissants peuvent sniffer grosso modo toutes nos données.)
Mais je peux préférer garder ses données pour moi.
Est-ce alors cohérent de se créer un espace personnel de collecte de données d'un côté (ex: captation de la qualité de l'air à ma fen^tre; l'évolution de mon poids, mes états de fatigue, mes humeurs; ma consommation d'électricité etc), et d'un autre côté réclamer l'accès au données publiques, collectives, qui me concernent en tant que citoyen? Car on pourrait rétorquer que la collecte de données sur la qualité de l'air chez moi pourrait être utile pour mes voisins, ma commune; mes notations physiques pour le corps médical étudiant les courbes d'obésité, de stress d'une population etc; mon niveau de consommation énergétique vaut peu en soi et est plus intéressant lorsqu'il est comparé à d'autres etc
On ouvre donc quoi, à qui, pour quoi et dans quelle direction?
> Ainsi la question de l'open data a cela d'intéressant qu'elle amène à se réinterroger sur le sens que chaque société donne au commun, aux notions de partage et à l'organisation de leur flux, sa conception de l'intérêt général, et l'élaboration du collectif.