November 18, 2010 par Serge
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Une table ronde discutant de la mutation des relations sociales et de l'organisation au sein de l'entreprise, avec des intervenants à la fois des fonctions RH et issus de syndicats, s'est tenue ce mercredi 17 novembre à la Cantine. La discussion était focalisée sur l'utilisation des réseaux sociaux comme outils de débats, d'information, voire de délibération et de décision. Dans ce sens, les problématiques liées à l'utilisation des TIC en particulier du côté syndical de l'équation, syndicat qui est idéalement démocratique et s'addresse à un corpus massif d'adhérents, sont à rapprocher de celles s'appliquant à la démocratie en général.
Expérimentation : premiers succès
Le premier point remarquable est que l'expérimentation a commencée et est un sucès, certains syndicats étant actifs au sein de groupes Facebook, comme par exemple le syndicat "Avenir Ecole" (CFE-CGC). L'animateur du réseau, Franck Girard est venu présenter son expérience et sa conclusion principale. Pour lui, le syndicat doit désormais se penser au-delà de l'aspect plus fondamental des réflections sur la nature du travail, etc, comme un fournisseur de service pour ses adhérents. Cette notion de syndicalisme de service est apparemment quelque chose dont le milieu syndical parle depuis longtemps, mais pour lequel les bons outils ont longtemps fait défaut. F. Girard a raporté à ce sujet que les groupes facebook permettaient aux adhérents de trouver certains de ces services facilement, et d'une manière intégrée à leurs usages existants. Ceci a pour lui un avantage énorme : cela permet le recrutement et la fidélisation d'adhérents à son syndicat, qui prennent leur décision grâce à ce qu'ils voient concrètement se passer sur les réseaux sociaux et non pas sur le nom / identité, ou des éléments de communication transmis par ailleurs.
Réticences des hiérarchies syndicales
La discussion a été très vive suite à cette présentation. La notion de contrôle semble être le point crucial d'achoppement à ce niveau, les syndicats cherchant à d'une part maintenir un contrôle des discussions internes, et d'autres part des flux d'information sortants et internes. Certains participants à la table ronde, dont Vincent Berthelot pour qui les réseaux sociaux représentent une opportunité pour un syndicalisme en crise, défendaient le point de vue que les réseaux sociaux étaient au contraire essentiel pour que les syndicats puissent reconquerir des adhérents, le chiffre avancé étant de 7% de salariés seulement étant syndiqués à l'heure actuelle. Il m'a semblé que ces réticences émanaient essentiellement d'une incompréhension sur la nature des conversations et de l'information circulant en ligne. Ces conversations et ces informations circulent de toutes façons déjà. Les réseaux sociaux sont donc à mon sens également une opportunité pour un syndicat de structurer un débat, non pas en le contraignant, mais en offrant les outils d'organisation permettant justement à un débat efficace de se dérouler : évaluation communautaire de propositions, mécanismes d'intelligence collective / wikis, outils de suivi, etc. Ces outils se contextualisent d'autant mieux que chaque membre du réseau peut avoir par exemple une réputation permettant une meilleure confiance réciproque entre membres.
Cette question de confiance était un autre point de réticences, certains participants à la table ronde ayant émis des réserves quant à l'ouverture qu'un tel réseau pourrait avoir, au risque de voir des personnes recensé les militants syndicaux et leurs propos, certaines expériences de ce type aux Etats-Unis ayant résultés dans des licenciement. Si le droit français est différent, un degré de fermeture et d'authentification pour accéder au réseau semblait assez consensuel pour les participants à la table ronde.
Conclusion pour DemocraTIC
Ces problématiques de degré d'ouverture d'une communauté à ses participants légitimes (impliquant donc une forme d'authentification), de conciliation d'une parole libre et d'un souhait de contrôle institutionnel, me semblent assez similaires à celles des collectivités ou institutions. Syndicats comme institutions élues publiques devront certainement arriver à des conclusions similaires dans leur mise en place d'un outil social en ligne qui apporte un vrai plus en matière d'information, de discussion, de décision, et de suivi.