April 1, 2010 par Angel Talamona
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Extrait du Compte rendu de la réunion Cap Digital du 16 mars du groupe de réflexion sur l'Internet des objets.
Angel Talamona, Senda
La création de valeur à partir des données publiques, focus sur l’infomobilité urbaine
Senda édite des logiciels dans le domaine des nouvelles mobilités urbaines. Son produit phare
Chronomove est un service téléchargeable sur Iphone qui permet de choisir en temps réel le mode
de transport multimodal le plus adapté à son parcours, connaitre le temps du parcours, son coût et
son empreinte carbone.
Pour que ce service existe il faut l’alimenter en données. Les données nécessaires sont de plusieurs
types, il s’agit de données statiques telles que les cartographies routières, des transports en commun
et des pistes cyclables mais également des données temps réels pour gérer les imprévus et les aléas
tels que l’état de bornes de vélib, les perturbations du trafic routier et du trafic des transports en
commun ainsi que des données sur la qualité de l’air, la météo…
La valeur d’un service d’infomobilité relève de la capacité à collecter et consolider ces données
auprès des différentes sources et sous différents formats, heureusement, une grande partie de ces
données sont publiques. Un fois les données collectées et consolidées, il s’agit pour l’éditeur de
service de déployer son service sur différentes grandes villes et de le proposer gratuitement aux
consommateurs. La question se pose du business model ?
Dans le contexte actuel, les logiciels et les données deviennent de plus en plus communautaires,
interopérables et de plus en plus évolutifs vers le temps réel, transférant ainsi la valeur du logiciel et
des données aux services. Face à cette évolution la monétisation des services d’informations sera
contrainte à la publicité ou l’association du service à une offre matérielle (électricité,
transport/autopartage, spectacles, objets…).
Depuis quelques semaines Google distribue de l’électricité, illustrant cette stratégie de diversification
et d’association d’un service à une offre matérielle, alors même que c’est un leader incontestable de
l’internet (Google domine 69% du marché de la publicité et atteint 40% de rentabilité sur un marché
publicitaire où pour la première fois cette année, les recettes publicitaires sur internet sont plus
élevées que sur les médias traditionnels).
Les données publiques liées à la mobilité, provenant d’une administration ou d’une communauté
d’utilisateurs, doivent être accessibles et réutilisables pour permettre le développement de
nouveaux services. Aujourd’hui ces données sont accessibles mais elles sont difficilement
réutilisables. L’initiative communautaire Openstreemap a permis de créer une base cartographique
libre très riche. Concernant les données sur les transports en commun la France a un vrai retard
puisqu’une seule entreprise (Keolis à Rennes) a fait le choix d’ouvrir ses données alors qu’aux Etats-
Unis plus de 100 transporteurs ont ouverts leurs données statiques et temps réels. En France des
entreprises telles que la RATP, la SNCF ou le Stif ne sont pas en mesure et n’ont pas la volonté de
contractualiser la réutilisation de leurs données qui sont déjà publiques.
Le retard français et européen dans ce domaine des données publiques constitue un véritable
handicap en terme de compétitivité et freine l’émergence de nouveaux services.
Le refus des entreprises telles que la RATP, la SNCF ou le Stif de contractualiser leurs données peut-il
reposer sur une stratégie à moyen terme ayant pour objectif de réserver cette ouverture à de gros
consortiums français ou européens pour faire profiter pleinement la France et l’Europe de toutes ces
nouvelles opportunités de développement ?
Qui sont aujourd’hui les concurrents en Europe à Google, à Apple, à Amazon, à Facebook, à Twitter, à tous
ces géants de l’internet ?
Source : http://thinkdigital.capdigital.com/tagged/internet_des_objets
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Mots clés : opendata, OpenGov, GouvCamp, démocratie