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Open Data

Ouvrir les données et après ?

Mai 2011

2E RENCONTRE OPENDATA/CITÉLABO DU 3 MAI À PARIS #3 L'appropriation de l'open data par le plus grand nombre (Accès: Lecture : Public)

May 24, 2011 par Marine Albarede   Commentaires (0)

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Un premier sous-groupe de travail, constitué lors de l'atelier CitéLabo OpenData du 3 mai à la Mairie de Paris, abordait le sujet des données privées. Le second sous-groupe s'est penché sur la question de l'Appropriation de l'open data et du crowdsourcing, réunissant des acteurs de collectivités (Brest, Montpellier, Les Interconnectés...), des acteurs privés et associatifs.

La question de l'Open Data concerne bien évidemment les acteurs publics, mais aussi les acteurs privés. Les ré-utilisateurs éventuels sont également au coeur de la réflexion ; mais de seuls réutilisateurs, ne peuvent-ils pas devenir producteurs de ces données? L'exemple d'Open Street Map, notamment, traduit la capacité d'individus à produire des données, contribuant ainsi à la création de contenus et plus globalement de dispositifs de connaissance collaboratifs.

Ces initiatives existent, mais trouve-t-on pour autant des acteurs publics prêts à mener des expérimentations les encourageant ou s'inscrivant dans cette logique, voire à mener une approche des données plus bottom-up?

Il apparaît nécessaire d'observer les usages de ces données pour comprendre dans quelle mesure une telle logique peut se développer ; si en France, la réflexion est encore peu avancée, elle l'est plus dans d'autres pays, comme l'Australie, l'Angleterre ou les USA. Le Guardian propose ainsi une réutilisation de données, en incitant les utilisateurs à faire leur propre carte ou application.

 

 

L'utilisateur doit être au centre de cette réflexion ; il apparaît nécessaire de regarder là où il y a le plus d'utilisateurs pour comprendre cette participation, mais aussi, avant tout, de préciser quelles sont les personnes que l'on vise dans cette réflexion. Peut-on toucher un très large public, ou seulement les publics déja sensibilisé aux technologies? Quoi qu'il en soit, est-ce que les gens accepteraient de fournir des données à un acteur public?

L'appropriation par le plus grand nombre passe par le fait que les gens doivent réaliser qu'ils sont acteurs sur le réseau, et ne peut se faire qu'à cette condition. Or peu de gens imaginent ce qu'ils peuvent faire sur le réseau (La proportion de 1 contributeur pour 1000 sur wikipédia est assez révélatrice)...

Former les individus ou les groupes associatifs? Deux conceptions s'opposent, dont l'une voit un enjeu dans la formation des gens à des outils, afin qu'un jour ils puissent s'en servir pour fabriquer des applications, quand ils le souhaitent, l'autre considérant comme plus judicieux de favoriser l'appropriation par des collectifs de quartiers, des associations, de nombreux exemples montrant d'ores et déjà que convaincre les gens à agir prendra des années. 

Une solution, pour sortir de cette impasse, pourrait être d'aller vers les Digital natives plutôt que les autres, dans cette réflexion sur l'appropriation. Mais d'autres initiatives montrent aussi la volonté de certains lieux d'avancer ; la 27ème Région envoie ainsi en résidence dans des lieux des designers, pour aboutir à diverses productions.

On pourrait envisager de créer des « territoires apprenants »; un changement d'échelle pourrait être imaginé, notamment sur les cartes, la culture open data pouvant être diffuse ; mais c'est toujours la même question qui se pose, comment faire? Il est très souvent nécessaire d'expliquer aux gens les enjeux de la participation et de l'open source, avant qu'ils s'impliquent dans une initiative...

Partant de ces questions, le sous-groupe de travail a défini quatre livrables pour la poursuite de la réflexion sur le sujet :

  • Des fiches décrivant des applications pour le plus grand nombre existantes, afin d'analyser quelles initiatives fonctionnent
  • Des études sur les plateformes de données existantes (telles Socrata...)
  • Le design d'un agrégateur simple de données, personnalisé
  • La description d'une expérimentation de résidence dans un village d'une personne à la fois "data-geek" et agent de développement, qui pourrait réflechir aux problématiques locales, favoriser l'appropriation et ainsi lui apporter du sens. Un élément d'inspiration pour ce dernier livrable pourrait être les cartes party dans les territoires de Brest, durant lesquelles chacun rajoute ce qui a réellement du sens pour lui. 
La réalisation de ces livrables devrait permettre de faire avancer la réflexion, qui pourra être creusée à l'occasion d'autres rencontres du groupe de travail, d'ici décembre 2011.

2e rencontre Opendata/Citélabo du 3 mai à Paris #2 Données privées (Accès: Lecture : Public)

May 24, 2011 par Amandine Brugière   Commentaires (0)

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Alors que le mouvement d’ouverture des données publiques prend de l’ampleur en France, et que l’Etat (EtaLab / APIE) et plusieurs collectivités se sont lancés dans la bataille, les données privées restent un sujet plus méconnu[1] .
Lors de l’atelier CitéLabo OpenData qui s’est déroulé le 3 mai à la Mairie de Paris, un sous-groupe de travail s’est constitué autour du sujet des données privées, réunissant des acteurs de la Poste, d’Orange, du groupe Suez Environnement, de l’APIE, du groupe Laser...
Tout d’abord qu’entend-on par « données privées » ? Plusieurs cas de figure sont possibles
-    Les données que détiennent les entreprises et qu’elles produisent elles-mêmes ;
-    Les données qu’elles récupèrent de l’acteur public pour les transformer, les traiter, à des fins commerciales, ou pour le compte de l’acteur public ;
-    Les données que des entreprises privées produisent dans le cadre d’une délégation de service public, et qui de ce fait sont de la propriété de l’acteur public.
C’est l’angle « Données publiques / acteurs privés » qui a essentiellement été abordé, et qui est présenté ici.
Je laisse d’ailleurs aux participants le soin de compléter / corriger ses éléments de compte-rendu.

 

A qui appartiennent les données ?

Inexorable question au centre des débats… qui a été l’occasion de rappeler – fortement - que le premier « générateur » de données est l’habitant-citoyen-usager, par ses pratiques, ses usages. L’usager se montre spontanément très attaché à ses « données personnelles »[2]. Tandis qu’il a peu conscience des données que ses usages produisent, et de la valeur de celles-ci (c’est pour ainsi dire la face immergée de l’iceberg). De ce fait il abandonne facilement la propriété de ses données « d’usages ». Il faut dire aussi que la plupart des contrats signés entre les usagers et les opérateurs de services fonctionnent par « opt-out », par le biais d’accord tacite, ou d’accord par défaut, c’est-à-dire ne demandant pas explicitement aux usagers s’ils souhaitent reprendre possession de leurs données. Sur le net, il existe certaines pratiques « d’opt-in » où l’accord de l’usager est expressément demandé et formulé, mais de façon intégrée au process d’utilisation d’un service, d’un logiciel. L’internaute, pressé, n’y attache pas toujours l’attention qu’il faudrait (ex : accepter les termes d’un contrat à l’ouverture d’une application, d’un service en ligne).

 

 

Certaines pratiques de « crowdsourcing » proposent, elles, à l’internaute, de livrer des données personnelles en contrepartie de la création d’un service / d’une information sur-mesure).

 

Des données personnelles individuelles aux données personnelles « massifiées »

La valeur des données d’usages vient de leur « massification ». Un opérateur de téléphonie mobile, par exemple, récolte des données individuelles d’usage de la téléphonie, données qui, assemblées, deviennent des « données collectives », des « données personnelles massifiées ». Il y a de « l’intelligence » à tirer de ces données produites par l’usage d’un service / d’un produit, mais cela peut-il se faire sans les personnes concernées ? Les usagers ont-ils un droit de regard sur ces data collectives ? Par ailleurs, l’anonymisation des jeux de données, quand ceux-ci sont réutilisés, est une condition nécessaire, mais pas toujours suffisante. Car le croisement de données peut conduire à la reconstitution de données personnelles individuelles.

 

 

Entre droit de propriété et droit d’usage des données, le cas des délégations de service public

 

Certains producteurs/récolteurs de données « personnelles massifiées » le font dans le cadre d’une activité liée à une délégation de service public –DSP-, ce qui complexifie les approches d’OpenData. En effet aux questions de propriété des données s’ajoute un droit de propriété intellectuelle des bases de données (« sui generis »), qui nécessite de savoir si la base de données a été produite dans le cadre de la DSP ou pas ? Or la majorité des contrats signés entre les collectivités et les entreprises délégataires, souvent plusieurs années auparavant, ne prend pas en compte cette dimension-là. Pour Suez Environnement, ce sont plus d’un millier de contrats qui sont concernés et selon lesquels la propriété des données peut varier. Passer en revue les types de contrats existants, et en faire ressortir les possibilités actuelles – c’est-à-dire ce qui est d’ores et déjà possible, sans réaliser d’avenant au contrat – permettrait de tirer de premiers enseignements.

Mais le flou juridique actuel ne constitue pas pour autant un frein à l’action et à la réutilisation. Certaines entreprises délégataires se sont révélées être force de propositions auprès de leurs collectivités clientes. C’est le cas de l’opérateur de transport Kéolis, à Rennes, ayant incité l’agglomération de Rennes à aller de l’avant et à lancer le concours « Rennes Métropole en accès libre ».

Cela met en exergue l’importance du droit d’usage des données, en parallèle de celle du droit de propriété.

 

La génération de revenus

L’exploitation et la réutilisation de données par des entreprises privées sont-elles génératrices de revenus, et de revenus conséquents ? Les exemples que l’on peut trouver sont encore à la marge, et viennent essentiellement de l’économie numérique. Ils dessinent des modèles extrêmement différents selon :

  • la nature des données « chaudes » « froides » : c’est-à-dire des données d’actualité qui seraient payantes, tandis que les données anciennes seraient gratuites, ou le contraire, comme le modèle actuel de la Presse (accès payant aux archives).
  • la monétisation des données : - directe ou indirecte [3]: c’est le cas de l’économie de l’attention (Google), des moteurs de recherche (moteur de recherche de logement Nestoria ) - ouverte et payante, ou ouverte et gratuite... Même en étant gratuites les API peuvent générer des revenus (c’est le modèle mixte de Google [4] ). - des revenus de e-commerce partagé (conseiller à certaines internautes des lectures en fonction de son profil, ses centres d’intérêts, et partager les revenus de l’achat du livre le cas échéant). Cela peut passer aussi par des modèles dits « d’économie de l’attention » (à partir des données de profils, de l’analyse des usages, capter l’attention de l’internaute et lui proposer des services contextuels, thématiques), des modèles « pure image » (bénéfice d’images « avec rebond »), des modèles de recommandation (augmenter le taux de transformation…), etc.

Ces modèles ne décrivent pas des modèles « uniques », sur lesquels pourrait se fonder toute une activité. Ils sont plutôt des compléments à une activité donnée – compléments non négligeables et dont la part relative tend à augmenter. Pour le groupe la Poste, par exemple, la réutilisation et l’exploitation des fichiers d’adresses postales pourrait générer un chiffre d’affaires de l’ordre de 1/10 du chiffre d’affaire global, soit un revenu pas si important que d’autres activités de la Poste, mais pas non plus négligeable...

 

Générer des idées de partage de données

De la même façon que les collectivités, les entreprises disposent de données, mais ne savent pas toujours comment les traiter, ou lesquels réutiliser. Quelles données seraient intéressantes à libérer ? Lesquelles seraient créatrices de valeurs ? Comment un consortium d’entreprises, autour et avec un territoire, peut mettre en oeuvre une démarche d'OpenData ?

Autant de questions qui feront l’objet des différentes rencontres prévues par le groupe de travail d’ici décembre 2011, avec plusieurs objectifs :

  • approfondir la problématique du droit d’usages des données,
  • identifier et illustrer la création de valeur et les modèles économiques sous-jacents.
  • construire une sorte de cahier des charges de l’OpenData à destination des acteurs privés, en les aiguillant dans leur démarche d’ouverture et de réutilisation des données.

 

Prochaine réunion du groupe de travail lors de l'Open Data Garage, à Marseille, le 6 juillet prochain

 



[1] Méconnu, mais pas neuf pour autant ! Notons que le GFII (groupement français de l’industrie de l’information) accompagne depuis les années 80 les entreprises dans le développement des bases de données professionnelles

[2] même si l’observation des pratiques révèle une réalité parfois toute autre : certains internautes ayant une propension très forte à « l’exposition de soi » sur le net, sans précaution aucune…

[3] Voir le Guide de l’OpenData p.26

2e Rencontre OpenData/Citélabo du 3 Mai à Paris #1 actualité et réflexions (Accès: Lecture : Public)

May 24, 2011 par Marine Albarede   Commentaires (0)

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La 2e rencontre du groupe OpenData/Citélabo du 3 mai dernier réunissait de nombreux acteurs autour de la question de l'ouverture des données, publiques ou privées. En deux temps, elle a permis de faire un tour d'horizon des actualités de chaque participants, puis d'approfondir deux thématiques au cours d'ateliers. Voici les grandes lignes de la première partie de la rencontre.

Actualité des acteurs publics

Ministère de la Justice – Thomas Saint-Aubin
La phase d'ouverture des données des services d'information et de communication touche à son terme. Il y a un mois, une plateforme concernant la justice en région a ouvert ; des données géocodées concernant les lieux d'accès au droit sont désormais en ligne (elles ont par ailleurs déjà été réutilisées dans une application). Une des questions actuelles est celle des licences...
Une deuxième phase concerne les données autres dans le répertoire, notamment les données judiciaires ; quelques données produites posent aussi de véritables questions éthiques (comme par exemple les bracelets électroniques de géolocalisation).

Agence du patrimoine immatériel de l'Etat – Anne Fauconnier
L'APIE participe actuellement aux travaux d’Etalab, et anime avec la CADA des journées de sensibilisation des personnes responsables de l’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques (les PRADA), en  régions, pour sensibiliser les services des collectivités à toutes ces questions-là et que le travail restant était manifestement vaste. 

Brest - Michel Briand
La libération des données au sein de Brest Métropole Océance s'est faite par délibération en 2010 et depuis, tout un travail est effectué par les acteurs publics et associatifs. C'est le cas notamment sur Plouarzel, sur des cartes ouvertes. Une version de FixMyStreet est en développement, à partir d'un fond d'Open Street Map : il s'agit de permettre aux habitants de rentrer directement les 300 à 400 signalements mensuels de désordres urbains. Un travail est également effectué sur Chimère, un service permettant de publier une carte sur son blog en géolocalisant par exemple un événement, et fonctionnant comme un CMS.
D'autres travaux sont effectués en lien avec les données publiques (orthophotos de megalis, géoportail) ; à l'automne devrait exister un entrepôt régional de données.
Un portail des savoirs du territoire devrait également être lancé, comportant des ressources pédagogiques sous Creative Commons. Sur ce dernier point, Charles Nepote, de la Fing, relève la pertinence des portails et sites collectifs qui émergent depuis quelques temps, et qui par le biais de la mutualisation permettent d'éviter la multiplication des dispositifs.


Carte de Plouarzel

Conseil de développement de Grenoble - Claudine Chassagne 
La ville de Grenoble est en retard sur la question de l'open-data, mais le Conseil Général semble, lui, parti seul depuis janvier. Le Conseil de développement a décidé d'avancer sur la question : comment pourraient-ils se faire aider par une association comme par exemple LiberTIC? Le Conseil est actuellement dans une phase de sensibilisation des élus.

Les Interconnectés - Celine Colucci 
Actuellement un travail de recensement des initiatives d’Open Data par les Communautés Urbaines de France est en cours. La restitution de ce travail se fera lors du forum Interconnectés en décembre à Lyon. La question de la mutualisation est au cœur des réflexions, notamment concernant la relation des données de l'Etat et des collectivités.

Montpellier Territoire Numérique – Gilles Marc et Marie Brackers de Hugo
Plusieurs chantiers actuellement : opendata, co-working space, etc. Montpellier Territoire Numérique se lance également dans une phase d'évaluation de son programme, en termes d'économie, de gouvernance ou encore de lien social, un bilan devant être dressé en septembre.


Notons enfin, comme le rapporte l'association LibertTIC, que des démarches sont engagées sous l'impulsion de l'association avec plusieurs territoires, dont le Pays de Loire, le CG44 ou la ville de Nantes, qui devrait mettre une plate-forme en ligne en novembre. Ouest Numérique pôle d'excellence régional comprend aussi un pôle dédié à l'Open Data. Dans cette région, il s'agit donc d'étendre la dynamique d'une ville à un territoire plus large.

La CUB est elle aussi engagée dans une démarche d'ouverture des données, et travaille avec la Fing au cours d'ateliers menés par cette dernière. Au cours d'une rencontre ayant eu lieu le 5 mai, des thématiques comme le crowsourcing ont été abordées ; des scénarios devraient être produits à l'issue de ces ateliers.

Les jeux de données disponibles

La Fing a publié il y a peu un guide de l’Open Data à l'adresse des collectivités territoriales auquel viennent s'ajouter des publications sous forme d'articles sur le réseau, concernant par exemple les normes des catalogues, car de nombreuses questions restent à creuser.

« Quelles sont les données urbaines existantes? » est ainsi encore une question au centre de la réflexion sur les données publiques. A la Fing, on estime qu'il y aurait entre 300 et 600 jeux de données dans une ville « moyenne  » (et selon Michel Briand, rien que le SIG autour des accidents peut faire travailler jusqu'à 600 agents...). 
Concernant l'échelon régional, beaucoup de données sont issues de documents cadres (schémas d'aménagement, etc.), comme le révèle un premier constat du travail actuellement mené par Sylvain Maire sur les données régionales, essentiellement à partir du cas de la Région Aquitaine.
Si l'on se penche sur les thèmes et la nature des données publiées, certains constats peuvent être effectués ; ainsi la culture se révèle le parent pauvre de l'open-data. Pourtant, à Montpellier par exemple, ce sont parmi les premières données qui ont été libérées, et par ailleurs, si l'on observe les recherches via moteur de recherche en Aquitaine, on constate qu'elles portent souvent sur la culture. 

Les données existantes sont donc multiples ; la situation varie considérablement entre les grandes villes et les petites communes. Ce sont également des données privées qui cohabitent avec des données publiques, produites par divers acteurs ; aussi, apparaît-il nécessaire de réfléchir au mariage de ces données, ce qui à priori n'est pas évident, les acteurs publics ne pouvant de dessaisir totalement, comme le rappelle Norbert Paquel du GFII.

Les données des entreprises posent des questions intéressantes : va-t-on assister à une réorganisation des rôles entre la puissance publique et l'entreprise? Les collectivités vont-elles se décharger de certains rôles sociaux en libérant leurs données? La question de la responsabilité est d'ailleurs centrale dans la question de l'ouverture des données publiques, rappelle Thierry Marcou. 
Pour les entreprises privées, les données utilisées sont nombreuses ; dans le cas de GDF Suez ou Suez Environnement, la collecte de données va de pair avec une production de données, notamment des données cartographiques. Grâce, par exemple, aux analyses organoleptiques (odeurs, goût...), à travers de l'innovation ouverte ou des captages ouverts, on pourrait mener des expérimentations intéressantes. Beaucoup de données sont aussi publiées auprès des collectivités, mais aucun travail n'a été effectué sur la question des licences ; d'ailleurs, les délégataires, dans le cadre d'une délégation de service public ont-ils réellement le droit de publier les données publiques qu'ils collectent pour la collectivité? Pour les transports par exemple, cela ne semble pas autorisé.
Beaucoup d'entreprises monétisent par ailleurs leurs données et en font une source de revenus, comme le constate Nicolas Debock de La Poste, entreprise possédant elle-même de nombreuses données ; certaines pourraient être publiées prochainement, comme les adresses des bureaux de poste, des boîtes aux lettres, mais commepour toutes entreprises, certaines données sont plus sensibles et demandent plus de réflexion de la part de celles-ci. Dans le cas de la Poste toujours, les données de déménagement seraient très monétisables mais sont aussi sensibles. D'autres pourraient encore être produites... Ce pourrait aussi être dans le cas de partenariats avec des collectivités que de nouvelles données pourraient être produites.

Notons enfin que sur la question des données existantes, un projet est actuellement mené par Orange Labs et OWNI, visant à proposer un parcours en ligne en lien avec les données qui existent ; il s'agira ainsi de réaliser un quizz sur la qualité de vie dans les territoires. Ce projet aura une dimension pédagogique sur les données de toute la France, et permettra de recueillir le ressenti des utilisateurs à l'automne. Un des défis dans ce projet est de choisir les données, leur granularité ; on ne sait pas par avance ce qui va sortir d'intéressant car c'est tout un champ qui est à explorer.

La question de l'évaluation de la démarche

La démarche de l'Open Data appelle, comme toute action publique, à une évaluation ; la réflexion en est encore à ses débuts, mais est d'ores et déjà engagée. Montpellier Territoire Numérique se lance dès à présent dans une phase d'évaluation de son programme (y compris de l'Open Data) qui devrait durer quelques mois. Au sein du groupe de travail, la réflexion est également engagée de façon croisée et devrait se poursuivre dans les mois à venir autour de ces questions : quels objectifs? Quels  indicateurs en termes de jeux de données, de diversité, de réutilisation, création de valeur...?
Des grandes familles d'indicateurs commencent d'ailleurs à émerger, pour la société civile en termes de connaissance du territoire et pour la collectivité, en terme d'économie. 

 

data.gov.uk, un an après: rapport sur l'open data et la réutilisation des données publiques au Royaume Uni (Accès: Lecture : Public)

May 19, 2011 par pierre chrzanowski   Commentaires (0)

Bonjour à tous,

Le Service pour la science et la technologie de l'Ambassade de France au Royaume-Uni vient de sortir un dossier sur l'open data britannique qui je l'espère pourra nourir les réflexions et projets de l'autre coté de la Manche et ailleurs.

data.gov.uk, l'ouverture des données publiques au Royaume-Uni

 

Au sommaire :

-         1.  Enjeux démocratiques et économiques de l’ouverture des données publiques

-          2. Politique d’ouverture des données publiques au Royaume-Uni

-          3. Présentation de data.gov.uk

-          4. Enjeux scientifiques et technologiques de l’open data

-          Conclusion : quels enseignements pour l’ouverture des données publiques en France ?

 

Bonne lecture  !

 

 

 

La norme TourinFrance, un format pour l'échange des données touristiques (Accès: Lecture : Public)

May 17, 2011 par Sylvain Maire   Commentaires (0)

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TourinfranceLa norme TourinFrance (http://www.tourinfrance.net/ et http://tourinfrance.free.fr/), initiée par le ministère du Tourisme, a pour objectif de faciliter l'échange du plus grand éventail possible de données touristiques : offres d’hébergements, circuits touristiques, foires et marchés, manifestations commerciales, fêtes et manifestations, festivals, etc. Cette norme se traduit par un format de métadonnées décrivant en détail les informations touristiques. Cette norme est pilotée par la communauté des acteurs du tourisme français réunis au sein du Groupe Technique TourinFrance (GTTIF) et offerte sous licence Creative Commons BY-SA, garantissant son ouverture et favorisant sa pérennité.

TourinFrance a été adaptée à la syntaxe XML (Extensible Markup Language ou langage extensible de balisage) depuis septembre 2004. Elle contient un thésaurus de l’ensemble des termes spécifiques au domaine du tourisme, qui peuvent être reliés entre eux par des relations. La finalité de cette norme est de permettre une interopérabilité entre les différents logiciels ainsi que de structurer et de retrouver l’information. Par exemple le thésaurus fait référence au Dublin Core (identifiant, date, classification (exemple : hôtellerie), description), à des contenus multimedia (image, largeur, hauteur, typemime), aux contacts de la structure (raison sociale, adresse), aux informations légales (mode de gestion, SIRET, etc.) au classements (étoiles, tourisme et handicap), au prestations liées ou encore à la géolocalisation pour ne citer que ceux là. 

Tourinfrance permet ainsi dans un deuxième temps la mise en place de système d'information touristique (SIT). Par exemple l’application Acogit (http://www.acogit.org), sous licence libre (GNU/GPL) et dont le développement à été initié par le Comité Régional du Tourisme de Poitou-Charentes, permet la collecte, l'organisation et la gestion de l'information touristique sur la base du format TourinFrance. Il permet la mise en œuvre d’un système d'information touristique régional mutualisé.

La création de ce référentiel commun permet donc de décrire les objets touristiques et d’échanger des données entre organismes, indépendamment de la solution informatique retenue par ceux-ci. Cette démarche rend possible l’organisation cohérente de la saisie et de la mise à jour des informations et le partage entre les différents systèmes d’information territoriaux.

Basée sur le Dublin Core -- format pivot de très nombreuses autres normes --, TourinFrance vise ainsi à une interopérabilité maximale avec d’autres formats. Pour autant, TourinFrance est une norme si détaillée que l’on peut s’interroger sur son efficacité sur des usages simples. On aurait aussi aimé voir des connexions internationales à ce projet. Bien documentée, TourinFrance offre cependant un cadre clair et une implantation solide en France. Un bon début pour des initiatives “open data” d’acteurs touristiques publics ?