May 15, 2012 par Cécile Delemarre
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Grâce aux outils de prototypage rapide à commande numérique, à du matériel et du logiciel désormais facilement bricolables, demain, un grand nombre de personnes seront en mesure de concevoir et fabriquer des objets de leur choix, passant rapidement de l’idée au modèle numérique, du modèle au prototype, voire du prototype à l’objet tangible. C’est l’essence même du projet des Fab Labs (Wikipédia), ces espaces de travail, ces ateliers de fabrication ouverts et accessibles à tous.
Mais pourquoi s’en tenir aux objets physiques et à la matière programmable ? La complexité de la matière numérique montre qu’on gagnerait certainement à étendre le concept aux données, aux statistiques, aux algorithmes… Et faire de la matière numérique un objet d’appropriation commun, comme les Fab Labs le proposent pour le monde physique.
Abréviation de Fabrication Laboratory (Laboratoire de fabrication), le Fab Lab est une “plate-forme de prototypage rapide d’objets physiques, “intelligents” ou non”, rappelle Fabien Eychenne dans son Tour d’horizon des Fabs Labs publié par la Fondation internet nouvelle génération. On peut retenir comme caractéristiques principales sa nature de tiers-lieu, l’ouverture à un public large, la mise à disposition d’équipements (mais plus largement outils, méthodes et savoir-faire) et une chaine intégrée allant de la conception à la production. Le Fab Lab est ainsi un lieu physique ouvert qui invite son public à devenir acteur et à enrichir ses connaissances par l’expérimentation. Il répond aux préoccupations du mouvement DIY (Do it Yourself) qui prône le “faire” et la mise en capacité de chaque individu. La notion de “prototypage rapide” qui le caractérise désigne l’accélération des cycles d’innovation, de recherche et développement et de production, en adoptant notamment une démarche itérative.
Le concept du Fab Lab repose ainsi sur des principes généraux tels que l’accessibilité du lieu et l’accompagnement des utilisateurs, l’échange d’expérience et le partage de compétences, l’exploration et le droit à l’erreur. Il existe une grande variété de lieux de ce type, même si ceux qui se revendiquent explicitement du mouvement Fab Lab initié par Neil Gershenfeld doivent signer une charte précise mais en même temps assez ouverte.
Image : quelques participants de la dernière Medialab Session, 2 jours pour imaginer de nouvelles applications journalistiques depuis les données (explications sur le principe et les résultats obtenus par Philippe Couve), photographiés par Christophe Carriou.

Avec plus d’une centaine de Fab Labs dans le monde, leur relative réussite interroge. La structuration de leur organisation en réseau y est certainement pour beaucoup et se pose en modèle. D’autant qu’il faudrait ajouter à ce succès les autres formes d’espaces dédiés à la fabrication personnelle, comme les hackerspaces (Wikipédia), voire même les techshops (Wikipédia), qui en sont la forme la plus commerciale. Et ce d’autant plus que les Labs ouverts commencent à essaimer auprès d’autres communautés que celle des bricoleurs.
On commence à voir apparaître des Bio Labs (encore appelés Bio Fab Labs ou Bio Hackerspaces). Mais on pourrait également rapprocher de ce mouvement ces espaces ouverts de travail, de projets, d’entrepreneuriat, d’innovation et de recherche qui se multiplient : les espaces de coworking (tel que ceux du réseau des cantines en France) que les laboratoires d’innovation sociale ou encore – bien qu’ils soient peu ouverts sur l’extérieur, et agissent plutôt comme des structures ressources interdisciplinaires et expérimentales – bien des Media Lab (comme celui du MIT, de Sciences Po, de Madrid ou le Nieman Lab dédié au journalisme qui sont plutôt des structures ressources-actions dédiées à la recherche…).
Cette dynamique montre le besoin d’espaces d’interaction pour développer des projets personnels ou innovants d’une manière plus ou moins ouverte. Les modalités sont variées. Certaines structures sont très commerciales, d’autres, plutôt fermées, venant comme des supports à des communautés particulières, d’autres enfin très ouvertes au public avec une mission d’intérêt général.
Le modèle des Fab Lab, réservé à la conception d’objets physiques, pourrait donc demain être étendu à d’autres domaines, à d’autres formes de prototypages : objets informationnels, applications, services, informations… En d’autres termes, donner naissance à de nouveaux et multiples (x)Labs : Info Labs, Services Labs, Data Labs, etc. Des Labs “ouverts” comme autant de territoires de projets, de lieux de rencontres.
A l’heure de la démultiplication des données, de la multiplication de leur mode de production (capteurs, crowdsourcing…), du type de producteurs (communautés, individus isolés, entreprises parfois modestes, collectifs organisés, initiatives publiques, etc.) et des modalités de traitements des données, nous sommes confrontés à un écosystème nouveau en profonde mutation qui appelle des dispositifs d’apprentissage, d’exploration et d’appropriation adaptés. Nous ne sommes pas confrontés seulement à une profusion des données, mais également à la complexité de l’écosystème de production et d’usage des données. Nous ne sommes pas seulement confrontés au développement des données publiques, mais à toute sorte de données que nous allons être appelés à manipuler de plus en plus : données personnelles, mesures médicales, données de consommation, données collectives… dont il va nous falloir comprendre le sens, être “formé à la critique”, comme l’explique Simon Chignard, auteur d’un récent ouvrage sur la question de l’Open Data.
Image : La Gironde sportive, datavisualisation des données sportives de la Gironde, l’une des 12 productions réalisées par les étudiants du DataJournalisme Lab.

Si, donc, les Fab Labs visaient en quelque sorte à diffuser dans le monde industriel le modèle ouvert et “agile” de l’innovation numérique, il devient aujourd’hui temps de faire également le mouvement inverse, de retour vers le numérique. Pourquoi ? Parce que, face à la place de plus en plus importante que prennent aujourd’hui les données et les programmes dans la production de connaissances, de représentations, de décisions, il devient essentiel de créer les conditions d’une compréhension, d’une réappropriation, de ces donnes et de ces algorithmes.
Le volume des données produites, extraites, captées, explose littéralement. La production de recherches, de cartes, de décisions stratégiques, de musiques à succès, de services… repose de plus en plus sur des algorithmes de plus en plus complexes et souvent opaques. Nous sommes confrontés à un écosystème nouveau en profonde mutation qui appelle des dispositifs d’apprentissage, d’exploration et d’appropriation adaptés.
Certes, les outils existent. Les applications se développent. Les compétences s’achètent. Mais est-ce que cela suffit ? La campagne Réutilisation des données publiques de la Fing a montré combien le partenariat avec les utilisateurs était primordial. Les méthodes les plus fécondes de l’open data ne consistent pas à libérer des données pour libérer des données, mais bien à y associer les utilisateurs. La libération des données publiques est un processus où rendre la donnée librement réutilisable n’est qu’une étape vers un but autrement plus important : engager une nouvelle relation autour des données avec les utilisateurs. Or, il n’existe pas de structures pour porter cette relation.
Face aux données partout disponibles, les utilisateurs, dans leur plus grande diversité, sont bien souvent démunis. Les réservoirs de données, accessibles aux développeurs et de plus en plus à un public plus large, grâce à une multitude d’outils, demeurent peu utilisés. Les utilisateurs potentiels sont peu associés à ce mouvement qui leur paraît trop complexe. Ceux qui le sont demeurent souvent isolés, sans structure pour se rassembler, pour travailler à plusieurs, initier des projets, discuter avec les entreprises ou les institutions détentrices de données. En fait, seule une association de compétences permet d’optimiser l’usage des données. Tout comme le journalisme de données, pour fonctionner, nécessite de rassembler développeurs, graphistes, statisticiens et journalistes pour traiter les données, nous avons besoin d’espaces de rencontre entre différentes compétences pour traiter les données et les informations.
Image : Exemple de carte inclus dans un kit de données pour partir à une chasse aux données dans la ville avec des étudiants, racontée par Simon Chignard.

D’une manière non structurée, des préfigurations d’Info Labs se mettent en place autour d’associations qui font le lien entre l’acteur public et les usagers, comme le font, à leur manière (et de manières très différentes les unes des autres), Bug, Ping, LiberTic, ZooMacom, Zync, AEC, La cantine numérique rennaise, Le data journalisme Lab, Regards Citoyens… Sans compter les Barcamps et autres Hackathons que l’on peut parfois percevoir comme des Info Labs éphémères, pas nécessairement “physiques”…
Ces exemples montrent bien que l’open data ne fonctionne pas si nul n’anime les acteurs : institutions, entreprises, citoyens. Nous avons toujours autant besoin d’animer les territoires électroniques.
La métaphore du processus structuré autour du concept de Fab Lab appliqué à l’information nous rappelle pourquoi nous avons besoin de faire des choses ensemble dans le numérique. Ce n’est désormais pas tant de l’accès à une machine, à une formation ou une médiation comme on la trouve dans les espaces publics numériques dont les gens ont besoin, que de trouver les ressources collaboratives pour mener des projets individuels ou collaboratifs dans le numérique.
L’information en base de données demeure hermétique à la plupart d’entre nous. Peut-on gagner du temps et de l’énergie en proposant des lieux, des espaces dédiés à cette forme de rencontre autour des données ? Des espaces où trouver des ressources et des compétences. Ou faire de l’accompagnement et de l’appropriation par le plus grand nombre ?
A la Fing, nous pensons que le développement des usages et de l’innovation dans un monde de données pourrait demain passer par le développement d’Info Labs, c’est-à-dire de “dispositifs d’innovation ouverte pour prototyper des usages de l’information”. Nous pensons qu’il faudrait explorer, expérimenter, concevoir des structures, des méthodologies, des terrains de rencontre et d’animation, car elles sont les conditions essentielles de l’appropriation et des nouvelles formes de traitement des données.
Image : Photo de la soirée Hackathon du collectif Dataconnexions.

Dans l’idéal, un Info Lab consiste à mettre à disposition des ressources, apporter des compétences, de la veille, faire se rencontrer les acteurs… Il répond avant tout à des besoins propres à une institution ou un acteur, par exemple, en mettant en avant l’aspect pédagogique ou bien celui de l’expertise et de l’accompagnement de projet. Il rassemble un ensemble de critères répondant à autant d’enjeux posés par l’appropriation du plus grand nombre :
Si le potentiel de création d’Info Labs ou de xLabs existe réellement, envisager les conditions d’activation de ces laboratoires ouverts reste une question totalement ouverte. Elle implique la mobilisation de personnes prêtes à expérimenter ce modèle et à se constituer en communauté pour faire vivre un réseau à venir d’Info Labs, dans leur diversité.
Ce qui est sûr, c’est que les xLabs, ont tous comme point commun d’être des facilitateurs de la rencontre. Car dans le domaine du numérique, et face au Nouveau Monde de données auquel nous allons être confrontés, nous en avons certainement plus besoin qu’ailleurs.
Hubert Guillaud, Cécile Delemarre, Charles Nepote.
Article publié sur Internet Actu
Si vous souhaitez venir prolonger cette réflexion avec nous, nous vous convions à deux évènements pour approfondir ce concept :
A l’occasion de la semaine européenne de l’Open Data qui se déroulera à Nantes du 21 au 26 mai 2012 et notamment lors de l’atelier G du 24 mai après-midi.
A l’occasion de Futur en Seine, qui se déroule du 14 au 24 juin sur toute l’Ile-de-France et notamment lors d’un atelier sur cette question qui se déroulera au 104, le 15 juin de 11h à 13h.
Poursuivez les discussions également en ligne sur Twitter avec le hashtag #infolab !
May 2, 2012 par Cécile Delemarre
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Le programme Réutilisation des données publiques et Innovations DémocraTIC conjuguent leur force cette année pour explorer les pistes et enjeux que représentent l'Open Data pour les collectivités locales.

Partant de l'hypothèse que la libération des données constitue un levier aussi bien pour la démocratie que pour la citoyenneté active, nous lançons avec notre partenaire du Conseil Général du Val-de-Marne une enquête sur l'utilisation et les besoins de données dans les services de démocratie locale. Notre démarche s'inscrit dans la suite des Rencontres Nationales des Professionnels de la Participation de novembre 2011 à l'heure de la diffusion prochaine des actes par le CG 94.
Cliquez : Si vous êtes un acteur public n'hésitez pas à renseignez ce questionnaire !
April 27, 2012 par Cécile Delemarre
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Le jeudi 12 avril dernier, les étudiants de master 1 de l'école de journalisme de Bordeaux restituaient leur travaux de datajournalisme.
Qualité et pertinence des données, méthodologie, traduction visuelle de la statistique, les problématiques soulevées par le « journalisme de données » présentent de nombreux traits communs avec celles que pose l'appropriation des données par le plus grand nombre.
http://www.datajournalismelab.fr/
La soirée de restitution en image: cliquer ici
Aux origines du projet : un laboratoire dédié au traitement journalistique de la donnée
L'idée du datajournalismelab est née en 2011 à la suite d'une réflexion commune entre l'AEC et l'IJBA : d'un côté, le territoire girondin se préparait à libérer ses données, de l'autre un nombre croissant d'entreprises de presse - y percevant une nouvelle mine de sources d'information – n'ont cessé de souligner leur besoin en professionnels capables non seulement d'analyser des données mais aussi capables de les manipuler.
Une première contrainte apparaît, le datajournalisme impose de nouvelles conditions de production de l'information : les journalistes en formation ne pouvaient être seuls et ont du constituer des équipes pluri-disciplinaires. L'expérimentation est lancée fin 2011 et est conduite en partenariat avec deux écoles : Epitech et ECV, mettant développeurs et graphistes à disposition des étudiants. Une aide extérieure de géographes et statisticiens a également été régulièrement sollicitée.
Une soirée consacrée à la précision et à la rigueur
Le souci des étudiants de faire preuve d'exactitude dans leur présentation était particulièrement notable (voir le schéma de tout le processus) : objectifs de départ et errances dans la recherche de leur sujet, exploration des sources disponibles, rencontres avec des acteurs de terrain, contributions d'experts dans la production des analyses, explicitations des choix opérés dans le calcul des chiffres et enfin éclaircissements sur le choix de l'infographie.
La démarche de rigueur affichée était l'occasion de rappeler, notamment lors de la discussion avec la salle, que le travail de construction des données ne s'arrête pas aux tableurs et se poursuit jusqu'à la mise en cohérence de la visualisation des données... L'interactivité et les fonctionnalités que proposent les « datavisus » valorisent et complètent l'information chiffrée.
On peut s'interroger quelques fois sur la pertinence de remplacer un maximum d'éléments textuels par des pictogrammes ; encore plus lorsque le lecteur ne partage pas les mêmes références visuelles...
Une démonstration de force des possibilités de la datavisualisation
Au fil des projets présentés, un des points forts de la soirée a été de démontrer au public que le champ des possibles de la représentation des données était infini et permettait de revaloriser l'information statistique.
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> Cartographies Evolutions des suffrages aux législatives dans le centre de Bordeaux |
> Graphiques interactifs Les performances des cyclistes au Tour de France > Statique didactique |
> Comparateurs Evolution criminalité sous le mandat Sarkozy > Les plus originaux : |
April 26, 2012 par Fabienne Guibé
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La région Ile de France et plus particulièrement la mission démocratie régionale et jeunesse lance un nouvel appel à projets.
Ce dispositif concerne des programmes annuels ou programmes pluriannuels visant à renforcer l’implication de la société civile organisée et des citoyens dans la vie publique, ainsi que d’améliorer la nature et le contenu des échanges au sein de la société civile et entre société civile et institutions.
Les actions éligibles au soutien régional devront ainsi répondre à au moins l’un des deux grands objectifs suivants, sachant que le premier peut être considéré comme un préalable au second :
. Encourager l’exercice d’une citoyenneté active : un objectif de citoyenneté
. Alimenter le processus de décisions publiques : un objectif de démocratie
April 25, 2012 par Cécile Delemarre
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En partenariat avec l'équipe de la Mission Locale de la Ville de Paris, le programme Innovations DémocraTIC mène actuellement une enquête sur les pratiques des acteurs de la démocratie locale.
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Objectifs
Ce projet vise à construire une cartographie des initiatives citoyennes se démarquant par leur démarche innovante et leurs pratiques originales (par exemple, projets ludiques, utilisation inédite des TIC)... Ces initiatives peuvent être "physiques" (inscrites dans l'espace et l'action publiques) mais aussi faire intervenir le numérique. Les acteurs concernés sont diversifiés : conseils de quartier, autres instances de démocratie locale, associatifs participant à ces instances...
Reprenant la logique de la boite démocraTIC, adaptée ici au territoire parisien, nous cherchons à valoriser ces actions et à leur donner une meilleure visibilité. Cette enquête répond à deux objectifs :
- Approfondir la mise à disposition d’outils numériques pour des instances de démocratie locale comme les conseils de quartier.
- Permettre un décloisonnement de l'information et favoriser le partage d'expérience
Démarche
Dans un premier temps, nous mettrons à contribution les coordinateurs de conseils de quartier par le biais d'un questionnaire destiné à nous faire remonter un maximum d'informations aperçues au sein des quartier. Leur position de surplomb à l'échelle de l'arrondissement permet d'avoir éventuellement une vue plus large des actions qui peuvent être conduites par des acteurs d'autres instances de démocratie locale (Conseil des Jeunes, Conseils des Résidents Extra-Communautaires...)
Selon les informations indiquées, nous irons à la rencontre de ces projets et de leur porteur afin d'en comprendre l'action et de les renseigner pour la future plate-forme de partage en ligne.
Nous invitons également les acteurs de la vie locale passant sur ce blog à venir à notre rencontre (en signalant un site Internet, en nous laissant leurs coordonnées...) en contactant Cécile Delemarre à cdelemarre@fing.org.
April 16, 2012 par Cécile Delemarre
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Mardi 10 Avril le collectif Démocratie Ouverte organisait un Gouvcamp sur l'Open Government à l'Assemblée Nationale. Cet événement, dont la FING était partenaire, était l'occasion de réfléchir sur les mécanismes et moyens d'introduire plus de participation citoyenne au coeur même du processus législatif.
Cette journée s'inscrivait dans le mouvement initié par l'OpenGov Partnership, constatant qu'au jour d'aujourd'hui aucuns pays francophones n'y participaient.
Il réunissait un public hétérogène et international :
> élus québecois et quelques (rares) élus français,
> représentants du mouvement OpenGov tunisien,
> chercheurs, notamment Loïc Blondiaux et Dominique Cardon,
> citoyens initiés et simples curieux
Le concept de "gouvernement ouvert" a été présenté par Cyril Lage et Armel Le Coz :
Le GouvCamp avait pour objectif de présenter le projet Parlement & Citoyen, plateforme destinée aux élus pour consulter l'avis des citoyens et favoriser leur contribution en amont des propositions de loi.
Le compte-rendu de la journée est désormais disponible ici !

April 11, 2012 par Fabienne Guibé
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L’ouverture des données, et en particulier des données publiques, marque un nouveau paradigme dans les sociétés démocratiques.
Pour les habitants et les usagers du territoire cette dynamique d’ouverture n’aura du sens que si elle produit des effets concrets, significatifs et perceptibles : des services nouveaux ou améliorés, une participation accrue à la vie démocratie locale.
Nous vous invitons à venir débattre des enjeux citoyens de l'Open Data, à découvrir des initiatives citoyennes faisant usage de données ouvertes, à analyser comment tout cela transforme les conditions d'exercice de la démocratie locale, en participant à la Semaine européenne de l'Open Data, par tous et pour tous.
March 19, 2012 par Cécile Delemarre
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Dans le cadre du concours Dataconnexions lancé officiellement le 16 février, Etalab et Google co-organisaient mercredi 14 mars un atelier open data. Deux sessions de conférences étaient proposées :
« Google Tech » présentait des outils de Google (public data explorer, html 5, API)
« Open Data » - à laquelle j'ai pu assister – portait sur l'état du mouvement français de l'ouverture des données publiques avec comme fil conducteur l'initiative Etalab.
Cet atelier a attiré en grande majorité un public d'initiés à l'Open data, enthousiastes et sceptiques confondus. Les conférences étaient suivies dans la soirée d'un hackaton où développeurs, designers et experts data étaient invités à constituer des équipes et imaginer des services réutilisant les données publiques.
[NB : les vidéos complètes des sessions sont désormais en ligne]
Données publiques centralisées, données publiques mises en visibilité
Lors de la session « Open data for open mind », Romain Lacombe, chargé de l'innovation et du développement, est venu présenté la genèse de la mission Etalab, administratrice de la plateforme data.gouv.fr sur laquelle un important travail de backoffice a été opéré par 200 agents dans les ministères pour libérer des données publiques à l'échelle nationale. Ont également collaboré jusqu'à aujourd'hui des collectivités et des autorités administratives et des établissements publics tels que la l'ARCEP et la BNF...
L'ouverture des données est ainsi principalement nationale, le nombre d'émules locales étant encore faible. Les producteurs de ces données, eux, sont bien identifiés, ils sont institutionnels. Dans la salle, quelqu'un s'interroge : «que faire s'il manque des données ? ». La question peut alors recouvrir plusieurs aspects :
sur la nature et le contenu des données auxquels le droit répond à travers les définitions exprimées par la loi CADA de 1978.
sur la résistance de certaines collectivités ou bien la lente diffusion du sujet sur certains territoires auxquelles Etalab cherche à informer et sensibiliser.
enfin corollaire du tiret précédent, sur la source de ces données : à se limiter aux institutions et à leur bon vouloir, n'y a-t-il pas un risque d'angles morts ? Au sein du programme Innovations DémocraTIC, on pourra s'interroger sur la place du citoyen et de la société civile en prenant l'exemple nantais qui a tenu à adopter une démarche de co-production des données en associant LiberTIC.
Romain Lacombe a cherché à rassurer en annonçant la future mise en place d'une plateforme d'échange sur laquelle les utilisateurs pourront contacter Etalab.
De la donnée en quantité et la question de l'interopérabilité
L'exploration du catalogue data.gouv par Qunb a été l'occasion d'établir un état des lieux des quantités de données publiques françaises « relâchées », tout en les mettant en perspective à travers une comparaison avec le catalogue britannique data.gov.uk. Qunb, qui se définit comme un « one-stop-shop for numbers » est un agrégateur et explorateur de données, émises de sources diverses, conçus pour aider l'utilisateur à trouver l'information dont il a besoin au milieu de la gigantesque base de données qui lui est proposée.
Data.gouv mettrait aujourd'hui 3500 jeux de données uniques à disposition du grand public (contre les 350 000 annoncés sur le site d'Etalab). Les thématiques les plus riches sont l'économie et le budget qui représentent 46% du catalogue, contre 2% pour la santé.
La collection des données introduit la problématique du format et de l'interopérabilité des données, posée par la FING en juillet dernier lors d'un Open Data Garage. Pour démêler l'enchevêtrement des formats, Qunb a classé les contenus en trois catégories :
les données structurées (de type .rdf)
les données semi-structurées (.xml, .xls sur lesquelles, précise QUNB, ils opèrent un important travail de crunch).
les données non structurées (pdf, texte...)
La question du format a été également posée à Romain Lacombe, mais a été partiellement répondue tant aucune meilleure solution ne semble se dessiner. Sur le plan du droit, la Licence Ouverte développée par Etalab est destinée à introduire un minimum de standard et à lever les barrières juridiques relatives aux questions de propriété. En étant calquée sur la licence ODBl anglo-saxonne, elle vise dans un même temps une meilleure circulation des données entre frontières étatiques.
Donner sens à la donnée
La session sur la visualisation de données présentée par Dataveyes, agence de visualisation de données interactives, a recentré les débats autour plus de qualitatif et le rôle de plus en plus fondamental de l'infographie.
Caroline Goulard a présenté sa démarche fondée sur l'efficacité et le ludique :
Passer par le storytelling afin de donner un sens aux données en introduisant un référentiel de valeur, c'est-à-dire un contexte. La dataviz est un moyen d'extérioriser ce contexte.
L'interactivité permet la granularité, ou autrement dit d'affiner toujours plus le niveau de détail en introduisant des filtres. Exemple de la visualisation de la proposition de répartition du budget Barack Obama dans la campagne présidentielle 2013.
La dimension expérientielle de l'information permet une meilleure appropriation du sujet par l'utilisateur.
Un élément classique de l'infographie qui reste efficace dans les circuits courts de l'information : le jeu sur les métaphores et les clichés visuels. Exemple de l'arbre des polémiques sur Wikipedia.
La posture est donnée : la datavisualisation doit concilier facilité de manipulation des outils pour celui qui a recours aux données et facilité de compréhension du message pour celui qui regarde. L'approche est donc user centric et appuit un message qui nous semble essentiel : l'open data doit être accessible à tous. La datavisualisation se veut un nouveau moyen d'accéder à l'information en poussant les utilisateurs à sortir de la position d'observateur et en les invitant à être actifs.
Un point de blocage demeure selon Caroline Goulard : une datavisualisation est le plus souvent adaptée au message qu'elle véhicule. Il y a cohérence du fond et de la forme dès le début de sa conception. Or comment développer des outils qui introduiraient nécessairement une forme de standardisation des infographies tout en conservant la pertinence d'une visualisation one shot ? La question reste ouverte.
February 29, 2012 par Cécile Delemarre
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Les 24, 25 et 26 février, se déroulait la 2e édition du Global Service Jam, événement planétaire impliquant simultanément 45 pays.
L'édition française (la seule de la métropole) a eu lieu à Orléans dans les locaux de l'ESAD, organisée par Nékoé, Pôle de l'innovation par les services.
Le principe du prototypage rapide appliqué aux services
Les participants répartis en équipe avaient 48h pour prototyper un service innovant autour d'un thème mystère - autour duquel aucune fuites n'étaient tolérées via twitter et facebook afin de ne rien enlever à l'effet de surprise des pays dont la session n'avait pas encore débutée à cause du décalage horaire. Cette année, la dimension internationale était renforcée par la mise en place d'une collaboration entre une équipe australienne et une équipe française. La course contre la montre qu'imposait l'exercice se transformait alors en course de relais dont le passage de témoin se faisait à la nuit tombée.
La méthode du jam ou l'improvisation pluridisciplinaire
Le jam (bœuf en français) s'inspire de la musical jam session pendant laquelle des musiciens improvisent autour d'un thème. L'idée était alors de réunir par équipe des personnes aux profils sociologiques divers, étrangères les unes aux autres, poussées à co-construire un service à partir de leur propre imagination.
Cette méthode, c'est tout un travail d'organisation mais aussi et surtout de connaissance et reconnaissance au sein des équipes. Chaque membre apportait ainsi une compétence particulière : designers, informaticiens et ingénieurs, marketteurs et communiquants, ergonomes, concepteurs de business modèles... Très rapidement, l'apport de chacune des compétences était naturellement ressenti au fil des interrogations que posent la création d'un service : répond-t-il véritablement à un besoin ? Pour quel utilisateur ? Quelle forme prendrait-il ? Saurait-il l'utiliser ? Le modèle économique est-il viable ? Jusqu'où pousser l'esthétisme du produit ?
Formation accélérée au user centrism
Fait marquant, le public n'était pas constitué dans sa majorité d'initiés au design de service. Si le profil des designers était largement représenté, 29 sur 60 participants au total, seulement 7 se définissaient véritablement comme designers de service. Les autres, design produit, graphique et espace, avouaient leur curiosité, parfois l'incompréhension, de la juxtaposition des termes design et service.
Cet intérêt pour cette nouvelle façon d'aborder le design était également partagé par les ergonomes, pour certains très interrogatifs sur les méthodes et outils mobilisés. L'approche psychologisante qu'exige l'ergonomie a rapidement coïncidé avec la démarche user centric du designer de service. L'association de ces deux pôles était une nouvelle occasion d'insister sur la nécessité de fournir des services au concept immédiatement intelligible par les utilisateurs mais aussi adaptés et adaptables à un public hétérogène.
Au terme des 3 jours, les cinq équipes françaises ont délivré des services différents les uns des autres sur fond d'une idée commune, rappelée à plusieurs reprises lors de la restitution finale : un service répond à un besoin, un manque. Il rencontre un public que le design de service doit être capable de cerner. Plus encore, le numérique n'est pas au centre du service, c'est bien l'humain qui prime.
L'innovation réalisable par tous et pour tous
Le format marathon du Global Service Jam a ainsi réussi à diffuser ce message premier sur le design de service. Le second, résumé par Céline Calmet de Nékoé lors de la clôture de session, est qu'il est possible de monter un projet innovant en 48h à partir de peu de choses. L'innovation naît ainsi d'un ensemble d'interaction entre une problématique, des acteurs et des idées. La philosophie du design vient facilement s'insérer : il s'agit d'être « à côté », d'offrir un nouveau point de vue.
L'expérience va dans le même sens que l'intuition du programme Innovations DémocraTIC autour de l'idée que le design est une "démarche, une méthode, une façon de penser, de comprendre les projets." pour reprendre la définition de Romain Thévenet de la 27e Région dans le livre de Design des politiques publiques. Chaque citoyen, notamment par l'intermédiaire du design et de l'apport des nouvelles technologies est en capacité de penser un projet.
A quand une première démocratic jam session ?
February 10, 2012 par Cécile Delemarre
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Du 13 au 17 février 2012
La semaine prochaine sera marquée par la nouvelle édition de la Social Media Week qui propose une série de conférences autour des tendances et pratiques émergentes diffusées par les médias sociaux et technologies mobiles.
La FING et le programme Innovations DémocraTIC seront présents à certains des événements. Nous avons faits une petite sélection des conférences répondant à l'esprit du programme et que nous tâcherons de suivre. (Pour accéder à l'ensemble du calendrier de la semaine, c'est ici).
Lundi 13 février 17h-19h à la Mairie du IVe
Réseaux, participation, concertation : Innovation démocratique ?
Le programme Innovations DémocraTIC viendra échanger autour des notions de réseaux, numérique, participation et concertation avec des acteurs du même champ. Cette rencontre sera l'occasion de mettre en perspective les évolutions et les freins à l'innovation démocratique en France, notamment à travers une comparaison avec des expériences internationales grâce à la présence de Federico Casalegno.
Intervenants :
- Denis Pansu, Programme DemocraTICs, FING
- Federico Casalegno, projet Civic Media / Unicef / Brésil ; Mobile experience Lab, MIT, Cambridge (USA) – http://mobile.mit.edu/
- Florence Durand Tornare, Villes Internet et La Suite dans les Idées
- Véronique Kleck, Civic Media
Retour aux sources de l'empowerment : quel rôle pour le numérique ?
La question de la capacité d'action - citoyenne - et de son renforcement (ou empowerment) trouve de nouvelles sources de questionnement lorsqu'elle rencontre celle du numérique. Il s'agit de réfléchir à la part du numérique dans son développement : est-il moteur, composant ou soutien ?
Intervenants :
- Marie-Hélène Bacqué (Paris X-Nanterre),
- Elisabeth Le Faucheur Joncour (@Brest),
- Frédéric Sultan (Vecam), Jacques-François Marchandise (FING).
- Animée par Valérie Peugeot (Orange Labs/Vecam).
Mercredi 15 février 16h-20h au Celsa
Réseaux sociaux mondalisés : pratiques et contraintes de l'Internet en Chine
La question de l'empowerment est nécessairement liée à celle de liberté et d'expression. Les pratiques de l'Internet peuvent-elles être les mêmes entre un pays où l'Internet est "libre" et un pays où il est verrouillé ? Beaucoup de choses sont encore à construire en France. Observer des usages de l'Internet dans des scénarios "extrêmes", un régime politique autoritaire comme celui de la Chine, est aussi l'occasion de réfléchir à ce qui constituent les fondements et les valeurs d'Internet ("notre" Internet ?), et, pourquoi pas de nous offrir un regard réflexif sur nos propres usages.
Intervenants :
- François Bougon, journaliste au Monde
- Allan Barhoun, Master Recherche au sein du GRIPIC-CELSA
- Valérie Jeanne-Pérrier, Maître de conférences CELSA, GRIPIC
- Anne Soetemondt, journaliste-présentatrice TV5 Monde
- Etienne Candel, Maître de conférences CELSA, GRIPIC
Jeudi 16 Février 14h30-16h30 à la salle Triangle du Centre Pompidou
L'innovation démocratique passe par la compréhension des mécanismes de la société et du comportement humain. Que peuvent apporter les sciences humaines au numérique et que pensent les sciences du digital des sciences humaines ? Les premières s'intéressent à l'humain et à la société, les seconds à la technologie et aux défis que celle-ci pose. Cette conférence est l'occasion de découvrir les points de convergence et de mieux situer la complémentarité des deux champs.
Programme :
– “L’identité et ses usages en contexte numérique” par Julien Pierre, doctorant au Laboratoire GRESEC, enseignant à l’université Stendhal de Grenoble, consultant et auteur du blog identites-numeriques.net
– “Repenser la gamification” par Olivier Mauco, doctorant en sciences politiques à la Sorbonne-Paris I, concepteur freelance de jeux vidéo.
– “Objets informationnels et objets culturels” par Patrick Peccatte, ancien professeur de mathématiques, chercheur associé au Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), spécialiste des métadonnées et technologies XML.
– “Philosophie du numérique ? Philosophie, objets et numérique” par David Morin Ulmann, sociologue et philosophe.
– Conclusion générale : ”Technologies de la contribution”, par Vincent Puig de l’IRI