February 29, 2012 par Cécile Delemarre
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Les 24, 25 et 26 février, se déroulait la 2e édition du Global Service Jam, événement planétaire impliquant simultanément 45 pays.
L'édition française (la seule de la métropole) a eu lieu à Orléans dans les locaux de l'ESAD, organisée par Nékoé, Pôle de l'innovation par les services.
Le principe du prototypage rapide appliqué aux services
Les participants répartis en équipe avaient 48h pour prototyper un service innovant autour d'un thème mystère - autour duquel aucune fuites n'étaient tolérées via twitter et facebook afin de ne rien enlever à l'effet de surprise des pays dont la session n'avait pas encore débutée à cause du décalage horaire. Cette année, la dimension internationale était renforcée par la mise en place d'une collaboration entre une équipe australienne et une équipe française. La course contre la montre qu'imposait l'exercice se transformait alors en course de relais dont le passage de témoin se faisait à la nuit tombée.
La méthode du jam ou l'improvisation pluridisciplinaire
Le jam (bœuf en français) s'inspire de la musical jam session pendant laquelle des musiciens improvisent autour d'un thème. L'idée était alors de réunir par équipe des personnes aux profils sociologiques divers, étrangères les unes aux autres, poussées à co-construire un service à partir de leur propre imagination.
Cette méthode, c'est tout un travail d'organisation mais aussi et surtout de connaissance et reconnaissance au sein des équipes. Chaque membre apportait ainsi une compétence particulière : designers, informaticiens et ingénieurs, marketteurs et communiquants, ergonomes, concepteurs de business modèles... Très rapidement, l'apport de chacune des compétences était naturellement ressenti au fil des interrogations que posent la création d'un service : répond-t-il véritablement à un besoin ? Pour quel utilisateur ? Quelle forme prendrait-il ? Saurait-il l'utiliser ? Le modèle économique est-il viable ? Jusqu'où pousser l'esthétisme du produit ?
Formation accélérée au user centrism
Fait marquant, le public n'était pas constitué dans sa majorité d'initiés au design de service. Si le profil des designers était largement représenté, 29 sur 60 participants au total, seulement 7 se définissaient véritablement comme designers de service. Les autres, design produit, graphique et espace, avouaient leur curiosité, parfois l'incompréhension, de la juxtaposition des termes design et service.
Cet intérêt pour cette nouvelle façon d'aborder le design était également partagé par les ergonomes, pour certains très interrogatifs sur les méthodes et outils mobilisés. L'approche psychologisante qu'exige l'ergonomie a rapidement coïncidé avec la démarche user centric du designer de service. L'association de ces deux pôles était une nouvelle occasion d'insister sur la nécessité de fournir des services au concept immédiatement intelligible par les utilisateurs mais aussi adaptés et adaptables à un public hétérogène.
Au terme des 3 jours, les cinq équipes françaises ont délivré des services différents les uns des autres sur fond d'une idée commune, rappelée à plusieurs reprises lors de la restitution finale : un service répond à un besoin, un manque. Il rencontre un public que le design de service doit être capable de cerner. Plus encore, le numérique n'est pas au centre du service, c'est bien l'humain qui prime.
L'innovation réalisable par tous et pour tous
Le format marathon du Global Service Jam a ainsi réussi à diffuser ce message premier sur le design de service. Le second, résumé par Céline Calmet de Nékoé lors de la clôture de session, est qu'il est possible de monter un projet innovant en 48h à partir de peu de choses. L'innovation naît ainsi d'un ensemble d'interaction entre une problématique, des acteurs et des idées. La philosophie du design vient facilement s'insérer : il s'agit d'être « à côté », d'offrir un nouveau point de vue.
L'expérience va dans le même sens que l'intuition du programme Innovations DémocraTIC autour de l'idée que le design est une "démarche, une méthode, une façon de penser, de comprendre les projets." pour reprendre la définition de Romain Thévenet de la 27e Région dans le livre de Design des politiques publiques. Chaque citoyen, notamment par l'intermédiaire du design et de l'apport des nouvelles technologies est en capacité de penser un projet.
A quand une première démocratic jam session ?
February 10, 2012 par Cécile Delemarre
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Du 13 au 17 février 2012
La semaine prochaine sera marquée par la nouvelle édition de la Social Media Week qui propose une série de conférences autour des tendances et pratiques émergentes diffusées par les médias sociaux et technologies mobiles.
La FING et le programme Innovations DémocraTIC seront présents à certains des événements. Nous avons faits une petite sélection des conférences répondant à l'esprit du programme et que nous tâcherons de suivre. (Pour accéder à l'ensemble du calendrier de la semaine, c'est ici).
Lundi 13 février 17h-19h à la Mairie du IVe
Réseaux, participation, concertation : Innovation démocratique ?
Le programme Innovations DémocraTIC viendra échanger autour des notions de réseaux, numérique, participation et concertation avec des acteurs du même champ. Cette rencontre sera l'occasion de mettre en perspective les évolutions et les freins à l'innovation démocratique en France, notamment à travers une comparaison avec des expériences internationales grâce à la présence de Federico Casalegno.
Intervenants :
- Denis Pansu, Programme DemocraTICs, FING
- Federico Casalegno, projet Civic Media / Unicef / Brésil ; Mobile experience Lab, MIT, Cambridge (USA) – http://mobile.mit.edu/
- Florence Durand Tornare, Villes Internet et La Suite dans les Idées
- Véronique Kleck, Civic Media
Retour aux sources de l'empowerment : quel rôle pour le numérique ?
La question de la capacité d'action - citoyenne - et de son renforcement (ou empowerment) trouve de nouvelles sources de questionnement lorsqu'elle rencontre celle du numérique. Il s'agit de réfléchir à la part du numérique dans son développement : est-il moteur, composant ou soutien ?
Intervenants :
- Marie-Hélène Bacqué (Paris X-Nanterre),
- Elisabeth Le Faucheur Joncour (@Brest),
- Frédéric Sultan (Vecam), Jacques-François Marchandise (FING).
- Animée par Valérie Peugeot (Orange Labs/Vecam).
Mercredi 15 février 16h-20h au Celsa
Réseaux sociaux mondalisés : pratiques et contraintes de l'Internet en Chine
La question de l'empowerment est nécessairement liée à celle de liberté et d'expression. Les pratiques de l'Internet peuvent-elles être les mêmes entre un pays où l'Internet est "libre" et un pays où il est verrouillé ? Beaucoup de choses sont encore à construire en France. Observer des usages de l'Internet dans des scénarios "extrêmes", un régime politique autoritaire comme celui de la Chine, est aussi l'occasion de réfléchir à ce qui constituent les fondements et les valeurs d'Internet ("notre" Internet ?), et, pourquoi pas de nous offrir un regard réflexif sur nos propres usages.
Intervenants :
- François Bougon, journaliste au Monde
- Allan Barhoun, Master Recherche au sein du GRIPIC-CELSA
- Valérie Jeanne-Pérrier, Maître de conférences CELSA, GRIPIC
- Anne Soetemondt, journaliste-présentatrice TV5 Monde
- Etienne Candel, Maître de conférences CELSA, GRIPIC
Jeudi 16 Février 14h30-16h30 à la salle Triangle du Centre Pompidou
L'innovation démocratique passe par la compréhension des mécanismes de la société et du comportement humain. Que peuvent apporter les sciences humaines au numérique et que pensent les sciences du digital des sciences humaines ? Les premières s'intéressent à l'humain et à la société, les seconds à la technologie et aux défis que celle-ci pose. Cette conférence est l'occasion de découvrir les points de convergence et de mieux situer la complémentarité des deux champs.
Programme :
– “L’identité et ses usages en contexte numérique” par Julien Pierre, doctorant au Laboratoire GRESEC, enseignant à l’université Stendhal de Grenoble, consultant et auteur du blog identites-numeriques.net
– “Repenser la gamification” par Olivier Mauco, doctorant en sciences politiques à la Sorbonne-Paris I, concepteur freelance de jeux vidéo.
– “Objets informationnels et objets culturels” par Patrick Peccatte, ancien professeur de mathématiques, chercheur associé au Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), spécialiste des métadonnées et technologies XML.
– “Philosophie du numérique ? Philosophie, objets et numérique” par David Morin Ulmann, sociologue et philosophe.
– Conclusion générale : ”Technologies de la contribution”, par Vincent Puig de l’IRI