November 29, 2010 par Renaud Francou
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confiance, confiancenumerique, synthese, atelier
Le 3e atelier "confiance numérique" s'est déroulée le 17 novembre dernier.
Le défi lancé aux participants : à partir des 4 grands "continents d'innovation" (La seconde vie des dispositifs de confiance / L'avenir de la confiance "P2P" / L'outillage des individus / La confiance relationnelle comme facteur différenciant), faire émerger des pistes en rupture, actionnables.
1er volet de la restitution, volontairement un peu brute, mais qui formera la base de la publication finale.
Les 3 autres suivront dans la semaine. A vos commentaires !!
La confiance relationnelle comme facteur différenciant
(Notes de Daniel Kaplan)

- à l'industrialisation/standardisation des relations, de plus en plus déshumanisées, ou alors "scriptées", taylorisées, enregistrées, etc.
- au décalage des priorités organisations/individus : incompréhension par les individus des mobiles et modèles des organisations (par ex. les banques), et sentiment que les organisations n'ont généralement pas à cœur les intérêts de leurs clients (et encore moins de leurs collaborateurs). L'industrialisation servant en plus à accroître sans cesse le déséquilibre entre une entreprises qui enregistre tout, qui veut toujours en savoir plus, et des individus qui ne reçoivent rien de particulier en retour.
- face à des individus mieux éduqués, informés, connectés, plus individualistes aussi, et en recherche d'une réalisation et d'une considération personnelles.
Le problème posé par la déshumanisation et par la prévalence de critères purement gestionnaires, tant dans le management que dans la relation clients, est apparu comme central dans l'atelier. A côté de l'autonomisation des individus (et renforcé par elle), il est considéré comme à la source de la moindre fidélité des clients, comme du désengagement des salariés qui ne s'investissement plus dans l'entreprise, qui n'en partagent plus les valeurs. Il s'agit au fond de problèmes de confiance : comment accorder quelque confiance que ce soit à une organisation anonyme, autiste, qui n'a que ses propres intérêts (opaques) à cœur, qui nous jettera dès qu'elle le pourra, qui ne traite jamais nos réclamations tout en dépensant des millions en pub, etc. ? Ce qui n'entraîne pas nécessairement pour conséquence la perte des clients ou la fuite des salariés (parce que les autres entreprises sont considérées comme pareilles), mais la disponibilité permanente à des propositions plus alléchantes – et parfois un certain cynisme.
Pour aller au fond de ce sujet, il faudrait explorer plusieurs cas assez différents :
Et parmi les relations, la distinction s'impose, en tout cas, entre la relation "client", d'une part, et la relation aux collaborateurs, de l'autre.
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Les principales pistes évoquées ont été :
La part des salariés en relation avec les clients croît : elle dépasserait aujourd'hui 50%. L'enjeu est que le salarié soit autorisé (voire invité) à s'y engager d'une manière plus personnelle, à la gérer à sa manière, avec ses mots[1].
Cela suppose de la formation en amont, un contrôle qualitatif en aval, des améliorations au fil de l'eau, du partage entre les différentes personnes en relation avec le même client (à un instant donné ou dans le temps)… Il y a des risques de cacophonie, d'image, parfois juridiques. Ils s'encadrent. Mais les bénéfices en termes de qualité de service, de proximité et de fidélité (du salarié comme du client) peuvent être grands.
Un tel projet devrait commencer à petite échelle, dans un domaine assez "qualitatif" où opèrent de bons professionnels. Ceux-ci seraient invités à répondre "à titre personnel" aux clients, en s'engageant avec leurs compétences pour trouver les solutions à leurs problèmes, plutôt qu'en mobilisant sans cesse les procédures de leur entreprise.
C'est au marketing de porter un tel projet et à l'imposer à la DRH et la DSI. Cela ne se passera pas dans l'autre sens. Bien évidemment, cette piste suppose aussi d'enrichir la confiance accordée aux salariés.
Par "individualisation de la relation", on entend que le client peut accéder à un interlocuteur qui le connaît et qu'il connaît, qui s'intéresse à lui, qui dispose d'une mémoire des relations, ainsi que d'une autonomie de réflexion et de décision pour répondre aux attentes du client.
Ceci existe dans certains cas (ex. le conseiller bancaire), mais tend à se réduire (mobilité des conseillers, consignes et règles, objectifs et commissions, contraintes du S.I.). Dans d'autres cas, on n'a que l'apparence d'une relation (les téléconseillers qui ont tous les mêmes prénoms "bien de chez nous", tenus par leur script et leurs exigences quantitative de performance, sans aucune autonomie). La Poste a fait disparaître l'hygiaphone, quel en serait l'équivalent numérique ?
On peut envisager plusieurs manières d'aller dans un tel sens :
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Par "transparence", on entend, non pas nécessairement le fait de tout montrer et tout dire, mais le fait de permettre aux autres de comprendre les motivations et les contraintes de l'entreprise, de savoir quand et à quel titre elle s'exprime, de suivre le cheminement d'une décision, d'ouvrir l'accès à plus d'informations et d'expliquer pourquoi d'autres informations ne sont pas accessibles… La transparence est donc à la fois ouverture, et signature.
Il s'agit avant tout de réduire l'asymétrie d'information avec les individus. Mais aussi d'insérer plus activement l'entreprise dans la "conversation" des marchés (ou l'institution dans les conversations démocratiques), sans pour autant mettre son drapeau dans sa poche.
- Le business model : permettre aux clients de comprendre comment l'entreprise gagne de l'argent (et combien), qui en bénéficie, etc. Imaginer
- La composition des produits, l'origine des pièces, le bilan carbone, etc.
- Les critères de décision, de tarification (systèmes tarifaires de moins en moins intelligibles par les clients)
- S'agit-il d'une transparence d'entreprise ou de "place" (bancaire, ou autre – par exemple le projet "Proxiproduits" de GS1, qui permet d'accéder à des informations produits délivrées par le fabricant en lisant son code barre) ? Faut-il des standards, des règles professionnelles ?
- Quels sont les critères qui président à cette transparence ? Quelles informations, agrégées ou traitées à quel niveau ?
- Comment signer l'information ? En juger la pertinence ?
Du coup, la transparence doit aussi porter sur les retours clients. Par exemple, Décathlon ou Surcouf affichent des avis consommateurs sur leurs produits, y compris lorsqu'ils sont négatifs.
Pour plusieurs raisons exposées ci-dessus, la transparence peut avoir besoin de tiers, qui (par exemple) certifient, soit l'information, soit sa provenance.
L'association LoveMoney, qui oriente l'épargne de personnes vers des PME non cotées, s'organise entre autres comme un tiers qui évalue l'information des entreprises qui sollicite les investisseurs.
L'entreprise Marque et Team teste visiblement avec succès une démarche de "développement et rayonnement des marques par leurs équipes", fondées sur la preuve. Les équipes sont sollicitées pour définir ce qu'elles apportent comme bénéfices concrets, individuellement et collectivement, à leurs clients. Elles organisent alors leur activité et leur discours autour de ces bénéfices concrets, valorisants et mesurables.
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En cas de crise (liée en tout cas à une action de l'entreprise, à un défaut des produits, etc.), l'entreprise n'est pas considérée comme une source crédible. Elle a intérêt à s'appuyer sur la communauté des utilisateurs, qu'elle nourrit d'informations (signées) mais à laquelle elle laisse le soin de relayer l'information, de relativiser le problème, de proposer des solutions, de discuter la pertinence des actions correctives de l'entreprise…
La communauté est d'abord la source d'identification des crises, idéalement très en amont, avant que les médias ne s'en saisissent. Elle appréciera d'être impliquée dans la recherche des solutions, et d'échanger avec des représentants de l'entreprise qui montrent leur engagement.
L'exemple de wikipedia, ou de forums de consommateurs lorsque des représentants des entreprises y interviennent de bonne foi, montrent que l'interaction avec la communauté est le plus souvent facteur de modération.
Emerge alors une nouvelle fonction dans l'entreprise, celle de community manager.
L'entreprise pourrait demander (en toute transparence) à des "clients professionnels", neutres, dotés d'une compétence et d'une déontologie, d'en évaluer la performance client et d'en rendre compte d'une manière plus ou moins publique.
On pourrait imaginer que cela devienne une prestation demandée à des associations de consommateurs, mais dans ce cas, le résultat devrait sans doute être intégralement public (sinon l'association en question sera en situation de conflit d'intérêt).
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L'idée consiste à partir, de manière explicite, du principe qu'une réclamation client reçoit toujours une suite positive, qu'une demande d'exception est toujours justifiée, etc.
C'est une marque de confiance, productrice de différenciation. Comment éviter qu'elle ne produise des abus tels que cette politique ne puisse plus perdurer ?
Pour garder leurs grands clients, les casinos de Las Vegas ont des moyens de mesurer s'ils perdent trop gros, ainsi que leur état émotionnel, et de les inviter (sous la forme d'un cadeau, d'une invitation à dîner, etc.) à s'arrêter en sauvant la face. Sur le coup, le casino gagne moins, mais il fidélise le client qui reviendra perdre…
[1] Un participant mentionnait le fait que certains téléconseillers d'un grand opérateur, faute de pouvoir traiter le problème d'un client dans le cadre des règles qui leur sont imposées, rappellent ce client le soir ou le week-end pour tenter de les aider autrement.